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DE LA SOCIETE COMME MONDE COMMUN

 

(Desclée de Brouwer,  octobre 2003)

 

 

          Cet ouvrage est constitué de deux essais distincts qui apportent deux éclairages complémentaires sur l’évolution de nos sociétés.

Le premier est une discussion critique de la notion de capital social – qui occupe une place centrale dans le débat sociologique, notamment aux Etats-Unis -, et de son utilisation comme critère d’évaluation du développement des sociétés. Le second tente de formuler une théorie de l’action en société, structurée par les deux pôles complémentaires de l’agir instrumental et de l’agir constitutif. Cette notion, introduite pour la première fois, désigne la composante de l’action humaine qui vise à construire ou modifier le cadre dans lequel celle-ci  s’exerce et par l’intermédiaire duquel elle acquiert une signification subjective. L’homme agit toujours sur deux plans : au plan instrumental, pour atteindre des buts qu’il juge rationnels, et au plan « constitutif » pour construire symboliquement un monde où il pourra trouver sa place et se donner des buts sensés.

          L’idée de monde commun joue ainsi un rôle central dans l’ensemble de l’ouvrage et constitue le véritable trait d’union entre les deux essais. Aborder la question du lien social dans la perspective du monde commun, c’est souligner que sa dimension imaginaire n’est pas moins fondatrice que sa dimension utilitaire. Cet angle de vue permet de rompre avec l’individualisme méthodologique et débouche sur la critique d’une idéologie qui surestime la capacité des individus à recréer la société ex-nihilo à partir de leurs propres relations. La société est certes le résultat de l’action des individus, mais celle-ci s’inscrit dès l’origine dans la relation de l’individu à une totalité sociale préexistante. Cette dernière est médiatisée par les institutions. Elle constitue un monde dans lequel chacun est plongé par sa naissance et qui sera, durant sa vie, l’horizon de sens de ses actions.

          Tout en assumant de réelles ambitions théoriques, ce livre est une intervention engagée dans le débat contemporain sur les recompositions du lien social.

 

Discussion sur le livre à la revue ESPRIT

 

Recensions

 

Alternatives économiques (décembre 2003)

 

Les menaces qui pèsent sur la cohésion sociale vont au-delà de la crise du travail, de la montée des inégalités et de l’exclusion. Elles touchent à notre vision du « monde commun ». Ce concept, que Bernard Perret a emprunté à la philosophe Hannah Arendt, fait référence « à la dimension imaginaire du vivre ensemble ». Il lui permet d’analyser le déclin des institutions qui ont une fonction normative et symbolique dans notre société (la famille, les partis politiques, etc.), au bénéfice des institutions purement marchandes. Cet ouvrage est composé de deux essais, sur la notion de capital social et sur le concept, plus ardu, d’ « agir constitutif ». Leur point commun est de remettre en cause une conception utilitariste de la société. Si celle-ci est bien le résultat de l’action des individus, nous dit Perret, ces derniers s’inscrivent dans la relation à un cadre institutionnel (et symbolique) préexistant. Partant de là, Bernard Perret, persuadé que les sciences sociales ont leur mot à dire pour aider à définir les finalités de la vie sociale, signe un ouvrage engagé, où il nous alerte contre le retour du « refoulé totalitaire ». Une lecture exigeante sur le plan théorique, mais qui touche à des questions fondamentales pour nos sociétés. par Naïri Nahapétian

 

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